Québec, le 3 septembre 2008 – Une équipe de chercheurs de l’Université Laval vient de démontrer que le travail intellectuel entraîne une augmentation substantielle de la consommation de calories. Les détails de cette découverte, qui pourrait expliquer en partie la présente épidémie d’obésité, sont publiés dans le plus récent numéro de la revue Psychosomatic Medicine.
L’équipe supervisée par le professeur Angelo Tremblay a mesuré la prise alimentaire spontanée de 14 étudiantes après chacune des trois tâches suivantes: relaxer en position assise; lire et résumer un texte de vulgarisation; compléter une série de tests de mémoire, d’attention et de vigilance à l'ordinateur. Après 45 minutes de chaque activité, les participantes étaient invitées à passer au buffet et à manger à leur faim.
Les chercheurs avaient déjà établi que chaque séance de travail intellectuel ne requiert que trois calories de plus que la séance de relaxation. Pourtant, malgré ce faible coût énergétique du travail mental, les participantes ont spontanément consommé 203 calories de plus après avoir résumé un texte et 253 calories de plus après les tests informatisés. Ces calories représentent une consommation supplémentaire de 23,6% et de 29,4 % respectivement par rapport à la séance de relaxation.
Des prélèvements sanguins effectués avant, pendant et à la fin de chaque séance ont révélé que le travail intellectuel entraîne des variations nettement plus importantes que le repos dans la concentration du glucose et de l’insuline. « Ces fluctuations pourraient provenir du stress engendré par le travail mental, ou encore être le reflet d’une adaptation biologique lors de la combustion du glucose », avance Jean-Philippe Chaput, premier auteur de l’étude. Le corps pourrait réagir à ces variations en stimulant la prise alimentaire afin de restaurer l’équilibre du glucose, seul combustible utilisé par le cerveau.
« La surcompensation calorique qui suit un travail intellectuel, combiné au fait qu'on se dépense peu physiquement lorsqu'on accomplit des tâches de réflexion, pourrait contribuer à l'épidémie d'obésité que l’on observe dans les pays industrialisés », résume M. Chaput. « C’est un élément qu’il ne faut pas négliger, considérant que de plus en plus de gens occupent des emplois de nature intellectuelle », conclut le chercheur.
Outre Jean-Philippe Chaput et Angelo Tremblay, les signataires de l’étude sont Vicky Drapeau, Paul Poirier et Normand Teasdale.
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Source :
Jean-François Huppé
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