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La génétique joue un rôle majeur dans la victimisation des enfants à l’école primaire

Québec, le 16 janvier 2013 – La génétique joue un rôle majeur dans le rejet par les pairs et la victimisation à l’école primaire, selon une étude publiée récemment sur le site de la revue Child Development par une équipe sous la supervision de Michel Boivin, professeur-chercheur à l’École de psychologie de l’Université Laval.

 

Pour arriver à cette conclusion, Michel Boivin et ses collaborateurs ont fait appel à plus de 800 jumeaux qu'ils ont testés à trois reprises au moment où ils étaient à la maternelle, en première année et en quatrième année. Cet échantillon était composé à 41 % de jumeaux monozygotes – des « vrais » jumeaux partageant 100 % de leurs gènes – et à 59 % de « faux » jumeaux qui partagent en moyenne 50 % de leur bagage génétique. Chaque sujet, ses camarades de classe et son enseignant ont été soumis à des tests visant à mesurer le rejet par les pairs et la victimisation.

Les chercheurs ont observé que chaque paire de jumeaux présentait d’importantes similarités en matière de difficultés relationnelles. Leurs analyses ont permis d’évaluer que ces similitudes étaient attribuables à plus de 73 % à des facteurs génétiques. « Certaines caractéristiques transmissibles génétiquement, qui se répercutent sur l'apparence physique ou sur les comportements – notamment l'agressivité, l'impulsivité ou l'hyperactivité – augmenteraient le risque de rejet ou de victimisation », avance Michel Boivin, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en développement de l'enfant.

Les chercheurs ont également noté que les rapports difficiles se maintiennent entre la maternelle et la quatrième année. Là encore, la plus grande part de cette persistance est attribuable à des facteurs génétiques.

« La bonne nouvelle est qu'il est possible de repérer dès la maternelle les enfants qui risquent d'avoir des rapports difficiles avec leurs pairs et d'intervenir rapidement auprès de ceux-ci. Il faut éviter que les caractéristiques personnelles qui les rendent peu populaires auprès des autres enfants créent un cercle vicieux de rejet et de victimisation », insiste le chercheur.

 

À l'école primaire, entre 5 et 10 % des enfants vivent des situations de rejet ou de victimisation. Ces rapports difficiles peuvent entraîner des problèmes scolaires, des ennuis de santé et un lot de complications psychologiques comme la dépression, l'anxiété et les idées suicidaires. « C'est pour ces raisons qu'il est si important de savoir à quel moment apparaissent ces problèmes et quelles en sont les causes », conclut le professeur Boivin.


Outre Michel Boivin, les auteurs de cette étude sont Ginette Dionne (Université Laval), Frank Vitaro, Alain Girard, Daniel Pérusse et Richard Tremblay (Université de Montréal) et Mara Brendgen (UQAM).

 

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Renseignements :

Michel Boivin

École de psychologie

Université Laval

418 656-2131, poste 2825

Michel.Boivin@psy.ulaval.ca

 

Source :

Jean-François Huppé

Relations médias

Université Laval

418 656-7785

Jean-Francois.Huppe@dc.ulaval.ca

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